Association La Bourguette-autisme
Nos aubergesNos produitsNos prestationsEvénements

Le FAM de Valbonne

Le FAM   les Ateliers Foyers de Valbonne accueille 27 personnes adultes, des deux sexes, souffrant d’autisme ou de séquelles de psychose infantile.

Les résidants bénéficient d’une notification de la M.D.P.H. (Maison Départementale des Personnes Handicapées) et sont admis dans l’établissement suite à différents entretiens et séjours temporaires.

L’établissement est ouvert 365 jours par an.

Le principe de cette structure est de proposer à des sujets, trop souvent exclus du champ social, d’occuper une véritable place citoyenne. Pour cela, elle s’appuie sur deux axes fondamentaux :

En habitant dans l’une des maisons situées dans les villages de Cabasse, Flassans-sur-Issole ou Gonfaron. Chaque maison accueille 9 résidants, qui peuvent ainsi, accompagnés par une équipe d’éducateurs, investir leur espace privé, participer à la vie communautaire de la maison, s’intégrer dans la vie du village, et ainsi construire leur vie d’adulte.

En participant aux ateliers proposés :

  • Cantine-Auberge
  • Sérigraphie
  • Agriculture
  • Entretien
  • Couture
  • Ferme
  • Art-déco

Les activités du F.A.M.

Chacun de ces ateliers propose une activité chargée de sens, tournée vers les autres, proposant du lien social.

Les intervenants, hors des temps vécus dans ces différents lieux avec les résidants, participent à un travail de réflexion, d’élaboration, de remise en question de la pratique, réflexion dans l’après-coup qui donne du sens au travail, à la rencontre avec ces personnes si singulières, travail exigeant un engagement fort.

Une réunion de parole a lieu chaque semaine et rassemble les 9 résidants de chaque maison, les éducateurs du foyer et quelques moniteurs d’atelier, le directeur, le directeur-adjoint, la psychologue, le psychiatre. C’est une manière de faire le lien entre les deux parties de la vie des résidants.

Nous nous efforçons, en tant que professionnels, de ne pas transformer ces réunions en tribunal, tout en présentant certains événements de la semaine passée qui doivent nécessairement faire l’objet d’une discussion, de remarques, de rappel des règles.

C’est à l’occasion de ces rencontres hebdomadaires que nous informons les personnes des changements, des décisions, des absences des éducateurs, des arrivées des personnes nouvelles, des projets de week-end…

Par ailleurs, chacun peut prendre la parole, faire savoir ce qui le préoccupe, ses difficultés, ses questions ou ses satisfactions, quelles que soient ses capacités de langage.

Les paroles énoncées dans ces réunions sont capitales puisqu’elles font loi, exigent le respect. Nous pouvons vérifier l’importance de ce temps pour chaque pensionnaire puisque chaque semaine, à l’heure dite, ils sont là, bien présents, s’installent dans la salle.

Nous pouvons ainsi affirmer qu’ils occupent là, la position de sujet que nous leur proposons.

Les foyers d’habitation du F.A.M.

A la différence de nombreuses institutions, les projets de l’association La Bourguette, concernant l’hébergement tout particulièrement, se sont élaborés en privilégiant la notion d’habitats singuliers, de lien social, de voisinage.

Ces principes vont donc à l’encontre du regroupement, en un même lieu, de l’ensemble d’un dispositif institutionnel, une sorte de citée autarcique, « protégée » des risques du dehors.

Un foyer est donc un habitat construit, aménagé pour les pensionnaires, pour le groupe mais aussi pour chacun individuellement.

Il s’agit donc d’un lieu au sein duquel chaque pensionnaire peut habiter, c’est-à-dire en faire son territoire, tisser des liens avec les gens et les choses. Le foyer est ouvert sur la vie extérieure, celle du village, de ses habitants, des commerces, des associations.

Bref : une vie de citoyen.

Les seuls habitants fixes du foyer sont les membres du groupe. Les éducateurs ne sont que de passage, dorment là par roulement et n’y ont, par exemple, aucune affaire personnelle, ne peuvent y recevoir personne.

Seuls les adultes autistes sont là chez eux.

Chaque groupe, avec l’aide de l’éducateur, organise ses repas pour le soir, les week-ends, les vacances, s’occupe du nettoyage, du linge…

Les foyers sont des lieux personnels, sauf invitation faite en accord avec le groupe (pour une occasion particulière) il est capital de respecter ce principe.

La maison n’est pas fermée aux autres, nous n’avons rien à cacher. Mais nous n’avons rien à montrer non plus. Les adultes ont besoin de conserver un endroit secret, rien que pour eux. Depuis leur toute petite enfance, il leur a fallu faire de nombreuses concessions. On a beaucoup décidé à leur place, sans les concerter. Alors ils se sont réfugiés dans des stratégies, des rituels destinés à exorciser leurs angoisses, leurs peurs des changements, des autres.

Ces modalités de défense, ils ne les « lâchent » pas sans contreparties. La première que nous pouvons leur offrir, c’est le respect. Le respect dû à tout individu, tout simplement.

Nous avons tous pu constater que tel objet est peut-être toujours là, dans un tiroir, près du lit.

Imaginons alors son importance et nous comprendrons pourquoi ce coin de chambre devient un endroit où s’élaborent, secrètement, beaucoup de choses de la vie d’adulte.

Sous prétexte de foyer, de collectivité, des règles de sécurité, de conformité, gardons-nous d’en faire un lieu public.

La réaction est alors immédiate. Le retour à bien des années en arrière pour reprendre ces rituels, l’automutilation, la démolition, le retrait.

Ces réactions à l’irruption, à l’intrusion, sont à mettre en lien avec cette confusion que l’on constate chez le psychotique, confusion entre ce qui l’enveloppe et son unité corporelle : sa peau, ses vêtements, les objets environnants, les autres.

L’automutilation, la destruction des objets, la violence, sont autant de réponses aux agressions (ou du moins ce qu’il vit comme tel) à cette rupture dans son « enveloppe » et en même temps une recherche et un besoin d’unité.

On s’aperçoit que si l’on peut vraiment garantir et le prouver, que ce coin de chambre restera le sien, le plus autistique s’y organisera peu à peu.

Ce cheminement vers une vie tout simplement humaine n’est pas tant le résultat de méthodes complexes et planifiées que du respect de ce principe de base de « non-intrusion ».

Autre conséquence de ce principe selon lequel tous les habitants de la maison sont les membres du groupe : il faut d’abord que le groupe soit possible.

C’est là une grande difficulté car ces adultes n’ont pas choisi de vivre ensemble et ne s’entendent pas forcément bien.

Pour les psychotiques, la quête d’identité passe par de multiples détours. Les compagnons de vie sont parfois plus déterminants pour eux que les accompagnateurs ou que toute forme de thérapie.

Ces interactions très fortes peuvent être très bénéfiques mais elles sont aussi parfois très perturbantes. Il faut alors pouvoir changer de structure et proposer des déménagements à l’intérieur du réseau des différents foyers.

Constituer des groupes autonomes, d’autres plus « lourds », ne constitue pas non plus une solution idéale. Dans un groupe dit autonome, l’un peut devenir « lourd » pour l’autre.

Il faut donc faire en sorte qu’une vie personnelle, individuelle, soit possible à l’intérieur de chaque maison, avec les choix que cela comporte.

Cela signifie aussi le choix du mobilier, de la décoration, des rideaux… ou de ne pas avoir de rideaux. Il s’agit de donner les moyens à chacun de faire du lieu qui lui est proposé là, son territoire à lui.

C’est presque un paradoxe de privilégier un lieu protégé, singulier, pour lutter contre l’enfermement. Mais c’est à partir de ce lieu-là que le sujet va pouvoir tisser des liens s’inscrivant vraiment dans la communication humaine.

Ce qui caractérise et définit la notion d’accompagnement au sein des foyers, c’est une présence réelle, vécue à côté de quelqu’un, un « compagnonnage ». Il n’est pas possible de vivre ces relations difficiles, houleuses, dévorantes parfois, sans un cadre correctement structuré.

Ce que les « accompagnants » cherchent trop souvent à l’extérieur, sur les routes, en balade, dans ces activités organisées pour eux (à leur place), c’est sans doute une fuite en avant pour échapper à l’angoisse de ces rencontres truffées d’étrangetés que l’on risque de vivre dans l’accompagnement des personnes autistes.

Certes, il faut du temps pour renoncer à tout organiser pour eux. C’est à la suite d’échecs successifs rencontrés dans ces sorties, dans ce « tout faire pour eux », qu’une patiente observation, une réflexion commune nous amène à réfuter cette indispensable fuite, cette quête de la distraction ou d’un moyen de faire passer le temps… au lieu de le vivre.

Bien sûr, toutes ces intentions pour organiser, gérer le temps, ne peuvent se concrétiser qu’avec « de la bonne volonté ». Méfions-nous de cela. Nous voulions créer pour eux un foyer agréable, leur organiser des loisirs, oubliant que nous ne pouvons que leur proposer.

Il s’agit de créer, humblement, quotidiennement, des liens entre gens et choses, liens qui permettent de vivre. Chacun constate que ces personnes autistes s’enferment dans des rituels, des habitudes, derrière des actes qui ne les engagent pas.

Bien entendu, la plupart seront d’accord pour partir en balade, s’asseoir dans le bus ; et on croit bien faire, voire même leur faire plaisir. En réalité, peut-être n’osent-ils pas montrer qu’ils préfèrent rester là, dormir un peu plus longtemps, prendre le temps de vivre, ce « rien » dont ils ont besoin.

Cette rupture avec le rythme demandé dans la journée de travail est nécessaire et féconde. C’est aussi pour cette raison qu’il est important que les éducateurs se sentent bien dans le foyer.

Lorsque c’est le cas, une tasse de café, un gâteau préparé ensemble, seront beaucoup plus qu’un passe-temps, mais un plaisir communiqué et peut-être partagé.

Conditions d’admission

Les résidants bénéficient d’une notification de la MDPH   et sont admis dans l’établissement suite à différents entretiens et séjours temporaires.


Responsables :
Directrice : Mme France Termes
Directeur-adjoint : M. André Lorillard
Contact :
Tél : 04 98 05 24 90
Fax : 04 98 05 24 91
e-mail : valbonne@labourguette.org
Adresse :
Cabasse (83), Flassans-sur-Issole (83) ou Gonfaron (83)



6 octobre 2012
Partagez cette page sur les réseaux sociaux :
Aidez l'association La Bourguette
© 2010-2017. Association La Bourguette-autisme.
Conception : www.onabeaudire.fr